On a testé Eatsa, le premier resto sans humain

Fun

Eatsa a beaucoup fait parler de lui dans les médias et sur les réseaux sociaux, aux Etats-Unis mais aussi un peu partout dans le monde. Il faut dire qu’Eatsa n’est pas vraiment un resto comme les autres. Vous n’y rencontrerez aucun humain, hormis les clients qui comme vous y font la file. On a testé ce drôle d’endroit. On n’a pas été déçu. Quoique…

11.12.2015
Par Andy V

Quand on pousse les portes d’Eatsa, situé dans le quartier financier de San Francisco, on a davantage l’impression d’entrer dans un magasin de déco high tech que dans un restaurant. Carnivores, passez votre chemin. Ici, on est au paradis des végétariens. L’ingrédient de base des plats est… le quinoa.

Pour prendre votre commande, personne ! Enfin si, une ribambelle d’iPad. C’est via l’écran de ceux-ci que l’on peut agrémenter son quinoa. Nous y avons ajouté du maïs, des pois chiches, des powerseeds, des noix et une protéine… du poulet. Oui, à San Francisco, le poulet est devenu la « protéine » du repas. Notre tablette nous indique que notre plat est jugé sain, bio et pauvre en calories. On est curieux de le goûter…

Avant cela, nous devons enregistrer notre carte de crédit dans le système. S’il n’y pas de serveur, il n’y a pas non plus de caissier ! C’est la « machine » qui s’occupe de tout. Grâce à notre carte de crédit, elle sera capable de nous reconnaître et de nous délivrer notre plat de quinoa. Elle pourra aussi, lors de notre prochaine visite, identifier nos préférences et nous faire des suggestions. Quant à notre ticket de caisse, on l’a reçu par e-mail.

Après quelques minutes d’attente, notre nom s’affiche sur l’un des 30 casiers dans lesquels sont délivrés les plats. Vous pouvez emporter votre bol ou le déguster sur place. Il y a même une terrasse ! Honnêtement, nous avons trouvé notre repas... insipide, ce qui n’avait pas l’air d’être le cas des nombreux autres clients visiblement ravis et probablement un peu enivrés par la présence de ces nombreux écrans et de la décoration futuriste.

Avouons-le, on sort de cet endroit avec une impression très curieuse. Celle d’avoir vécu une expérience du futur, certes, d’avoir mangé un plat sain, sans conteste, pas trop coûteux (environ 10 euros, taxes comprises et avec boisson), mais en éprouvant un manque d’humanité. Pour l’instant, seuls quelques représentants de la marque jouent un rôle de steward pour familiariser les clients au fonctionnement du restaurant. Mais à terme, ils disparaîtront sans aucun doute ! Autour de soi, on ne voit que des gens pressés, le regard absorbé par leur smartphone ou leur ordinateur. Pas de bonjour, pas d’au revoir, pas de bon appétit.

L’ingénieur à l’origine du concept, David Friedberg, tout droit sorti des usines Google, ne compte pas s’arrêter là dans la déshumanisation de son restaurant. S’il compte ouvrir d’autres enseignes du même type, il rêve également de remplacer les cuisiniers (qu’on ne voit pas) par... des robots. No comment !