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70 ans de jurys à Cannes

C’est la première information communiquée avant chaque nouvelle édition : l’annonce du Président du Jury du Festival de Cannes.
Pour ses 70 printemps, c’est Pedro Almodovar qui aura l’honneur de présider la compétition officielle. Le réalisateur espagnol sera accompagné de 9 jurés qui désigneront les lauréats de ce cru 2017.
Leurs personnalités, leurs engagements, leurs goûts et donc toute leur subjectivité influence-t-elle le choix final ?
Marqueront-ils l’Histoire de Cannes comme d’autres ces 70 dernières années ?


 

le 19.05.2017
Par Céline R

Une bonne raison de revenir sur les présidents et jurés des années précédentes, non ?

Jeanne Moreau a été présidente du jury à Cannes à deux reprises
Mis à part lors des premières années, le festival a toujours pris soin depuis 1960 de ne pas donner la présidence du jury deux fois à la même personne. Mais une règle implique aussi toujours quelques entorses. C’est ce qu’a fait Gilles Jacob avec le cas Jeanne Moreau. En effet, le président du festival est littéralement tombé sous le charme de l’immense actrice française depuis qu’il l’a vu interpréter toute jeune deux rôles à la fois dans le film L’Heure éblouissante, d’Anna Bonacci. Résultat : Jeanne Moreau a été présidente du jury en 1975 et en 1995. C’est comme ça et puis c’est tout. N’est pas Jeanne Moreau qui veut.

Le saviez-vous ?
Sur les 700 jurés sélectionnés depuis le premier festival, seulement 197 sont des femmes. Et 11 d’entre elles ont été présidentes du jury. C’est Olivia de Havilland qui ouvre le bal des présidentes en 1965. Cette comédienne se retrouve chargée de diriger une brochette de jurés masculins. Mais il faut attendre le début des années 90 pour que Cannes s’ouvre à la gente féminine, grâce notamment à la Palme d’Or décrochée par la réalisatrice Jane Campion. Depuis, des efforts sont faits pour aller vers plus de parité. En progrès donc, mais peut mieux faire !

Georges Huisman, le premier président du festival
C’est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. A ses débuts, le festival n’est pas présidé par des stars du grand écran. C’est en effet Georges Huisman, historien alors directeur des Beaux-Arts, qui est nommé à la tête du Comité d’organisation du tout premier festival prévu au départ pour se tenir en 1939. La seconde guerre mondiale en décidera autrement et après avoir annulé sa première édition, c’est finalement en 1946 qu’a lieu véritablement le premier festival.

Top 5 des présidents du jury qui nous ont surpris
1. Tim Burton en 2010 : Si le réalisateur américain s’est fait connaître par des films grand public et souvent très populaires, cela ne l’a pas empêché de récompenser de la Palme d’or en 2010 un film thaïlandais confidentiel et contemplatif : Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul. Une beau pied de nez.

2. David Cronenberg en 1999 : Alors que tout le monde voyait déjà David Cronenberg décerner la Palme d’or à Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar, beaucoup sont tombés de leur siège en voyant le réalisateur récompenser Rosetta, le film des frères Dardenne encore inconnus (cocorico). Pour faire taire les critiques, Cronenberg s’explique : “Le vote pour Rosetta a été le plus rapide de l’histoire de la Palme car tout le monde a dit : “Oui, c’est Rosetta qui doit gagner”.

3. Quentin Tarantino en 2004 : On aurait pu attendre du réalisateur de Pulp Fiction qu’il récompense un film aussi excentrique et violent que Old Boy de Park Chan-Wook. Il n’en sera pourtant rien puisque c’est au brûlot politique Farhenheit 9/11 de Michael Moore que Quentin Tarantino et ses jurés ont finalement décerné la Palme d’or. Surprenant.

4. Roberto Rossellini en 1977 : Tout le monde voyait déjà l’immense cinéaste récompenser Une Journée particulière d’Ettore Scola, il n’en sera pourtant rien. A la surprise générale, Rossellini décide d’offrir la Palme d’or à Padre Padrone des frères Taviani, un film tourné en 16 mm pour la télévision. Le cinéaste romain expliquera ce choix surprenant pendant la cérémonie de clôture : “Sans la télévision, le cinéma va mourir.”

5. Isabelle Huppert en 2009 : Cette année-là, la Palme d’or revient à Michael Haneke et son film Le Ruban Blanc. Un choix qui paraît logique puisque la présidente du jury est Isabelle Huppert, qui doit au cinéaste un prix d’interprétation en 2001 pour La Pianiste. Pourtant on apprendra plus tard que l’actrice s’est battu bec et ongles pour deux films que l’on ne l’imaginerait pas défendre : l’ultra violent Kinatay de Brillante Mendoza et le sulfureux Antichrist de Lars von Trier. Isabelle Huppert n’est pas là pour rigoler.

On attend de connaître la Palme d’Or 2017 avec impatience… Et vous ?